L’art de la polarisation

Il y a quelques mois, en septembre 2018, la marque Nike se joignait à la cause de Karpernick, ce joueur de Football américain qui était à l’origine d’un vaste mouvement de protestation contre les violences racistes.

 

La toile avait flambé contre Nike (en cramant ses baskets) puisque Colin Kapernick et toutes les émules qu’il avait faites boycottaient l’hymne américain avant les matches.

Outrage national pour une certaine frange de la population.

 

5 mois plus tard…

L’action Nike a pris l’ascenseur et a pété les scores.

 

Le monde, Paris Match, 20minutes… tous les journaux chantent les profits trébuchants que Nike génère grâce au buzz des chaussures brûlées et à l’utilisation de la figure de Kapernick.

 

Janvier 2019
Gillette est dans la tourmente pour une pub.

Le scénario se répète.

 

Les critiques pleuvent car la marque au rasoir dénonce la masculinité toxique…

 

Le message (en paraphrasant) :

« Les gars, on n’est pas des brutes non plus… redevenons des hommes respectueux. »

 

Polarisation ! Polarisation !

 

Au risque de se mettre à dos toute une partie de sa clientèle actuelle (la tranche vieillissante ?), Gillette drague avec ce spot la nouvelle génération des milléniaux (née au début des 1990).

 

Et je suis prêt à parier tout le cobalt du Congo que dans quelques mois, Gillette va récupérer toutes ses billes et même réussir à se sucrer confortablement au passage.

 

 

Il y a une grande leçon dans tout ça.

Soyez tranchant dans votre marketing.

Choisissez votre camp. Et tournez le dos à tout le reste de la masse.

 

Dans toutes les boites du monde, celui qui monte dans la hiérarchie, c’est celui qui choisit son clan. Les bonnes âmes qui s’entendent avec tout le monde font du sur place…

(C’est un constat, pas un comportement que j’approuve)

 

Mais votre message commercial se comporte de la même manière.

Il a besoin d’être AIGUISÉ, de choisir son camp et pourquoi pas… de faire polémique !

 

 

La pub Gillette en question :

 

 

À très vite,

Djamel