La leçon marketing d’André, le gros bourrin avec son accent de chiotte

Avant-propos :

Roulez chaque R que vous lirez. Et prenez votre meilleur accent de bourrin…

J’ai confié l’article du jour à mon pote André, agriculteur. Et pour ajouter de la couleur à ce texte, il faut que vous empruntiez son accent…

André s’empare du clavier maintenant !

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Les amis,

Je m’appelle André !

Aujourd’hui j’m’en va prendre la planche à touches de mon ordinateur pour vous raconter une ch’tite histoire qui m’est arrivée l’autre soir. Fais pô gaffe aux fautes d’aurtografe, ya un peu de boue entre les touches à l’Ekole de la Ferme.

 

Ce grand con de Djamel m’a supplié à écrire un article pour vous et comme j’lui en dois une belle (le jour où il m’a aidé avec ma chèvre), bah c’est l’heure de lui rendre la pareille.

C’est pô trop dans mes habitudes de parler aux gens (j’préfère mes bêtes), mais j’va faire un effort pour aujourd’hui.

L’autre soir, mon copain Dany qui a une grosse exploitation dans une autre province est passé à la maison avec une bien drôle d’affaire. Je l’avais pô vu depuis 15 ans, le bougron. Il est passé faire goûter son tord-boyaux et m’a raconté une histoire fascinante ! Il a découvert une méthode pour vendre ses patates pour le DOUBLE du prix habituel, l’enfoiré… et il voulait me mettre au courant ! Son système marche comme ça…

Tends bien l’oreille, cruchot !

Dany a contacté tous les exploitants producteurs de patates de sa province, il a racheté à tous leur stock intégral… (Heureux, qu’ils étaient les salauds). Là-dessus, il a stocké tout ça au frais dans son ancien poulailler qui lui sert d’entrepôt maintenant.

Après ça, quand la centrale d’approvisionnement des supermarchés l’a contacté pour passer la commande de la semaine, le bougre a lâché son prix habituel FOIS 2. Ils ont d’abord pas compris, et puis ils lui ont ri au nez… puis ils l’ont rappelé dans la journée après avoir appelé tous les producteurs de patates de la région et découvert son astuce au chtit malin.

Ces raclures de cols blancs lui ont dit « Tu peux pô garder toutes nos patates en otage, c’est illégal ». Le bougre a répondu comme quoi il avait juste une grosse envie de frites et que c’est pour ça qu’il avait tout racheté, hahaha.

(On a rigolé, quand il m’a dit ça… j’en ai même projeté une grosse crotte de nez tellement j’ai ri fort…)

Et le plus beau dans l’histoire, c’est qu’il était le seul à détenir toutes les patates et la centrale d’approvisionnement, bah elle avait pas le choix d’acheter ailleurs, elle pouvait que d’acheter aux exploitants de la région, donc ils étaient bien dans la bouse, les cons !

Et tu sais quoi, cogno ?

Le Dany il a écoulé son stock de patates sur 3 mois à la centrale d’achats pour le double du prix de base ! Il est malin, mon copain ! J’crois bien que j’vais faire pareil avec mon maïs.

Immoralité de cette histoire ?

Les patates ça coûte plus cher quand on est le seul à les vendre !

 

Allé. J’ai encore des ballots à rouler.

Salut à toi, bougron.

Et surtout, consomme local !

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Djamel reprend le clavier maintenant.

Ouf… quel boulet, cet André !

Bon, en tout cas, j’espère que vous avez repéré la leçon car elle est super importante.

C’est la spécialisation !

Combien de vos concurrents font exactement la même chose que vous ?

Vous êtes sûr que vous ne pouvez pas revendiquer une compétence ou une spécialité bien à vous ?

Si vous vous posez en autorité grâce à une spécialité, vous allez pouvoir vous permettre de facturer plus qu’un généraliste et vous deviendrez la personne de référence dans votre domaine pour vos clients.

 

On est tous des spécialistes ou des spécialistes non révélés. Trouvez votre voie !

 

A+

Djamel